Retraite DosneRetraite Dosne | Fondation reconnue d’utilité publique


Histoire

LA RETRAITE DOSNE : UNE OEUVRE ORIGINALE

Un retour sur l’histoire de l’établissement est nécessaire pour bien comprendre l’esprit du projet et ses évolutions et le cadre dans lequel vient prendre place le projet d’établissement.

Une histoire centenaire :

En 1909, la Retraite Dosne s’installe dans un jardin secret de la capitale en plein cœur de Passy « le plus colossal des jardins privés de Paris », planté de nombreux arbres, possédant un jardin potager, une roseraie, des serres chauffées… Elle s’installe dans l’hôtel particulier de sa donatrice. D’esprit néo-classique, orné de guirlandes, nœuds et frontons, il s’élève sur deux étages et est conçu sur le modèle parisien traditionnel entre cour et jardin.

Mlle Félicie Dosne s’est éteinte le 16 janvier 1906 et, dans son testament, elle a souhaité que soit créée sur son immense terrain de l’avenue Bugeaud, une maison de retraite destinée aux vieilles dames sans fortune ou veuves d’officiers, qui serait gérée par un conseil d’administration de cinq membres. S’il existe des institutions destinées aux retraités militaires âgés, notre fondatrice est frappée par le fait que ces institutions ne reçoivent pas de femmes. Les veuves d’officiers, dont les ressources sont faibles au décès de leur mari, se trouvent fréquemment, quand elles n’ont pas de fortune personnelle, dans une situation matérielle difficile étant la plupart du temps totalement dépendantes financièrement de leur mari.

Force est de constater qu’en ces prémices du XXème siècle, les aides en faveur des personnes âgées sont peu nombreuses. La population française vieillit et sans l’aide de leur famille, sans moyens de subsistance, trop de personnes âgées manquent du minimum nécessaire et tombent dans la plus grande détresse. Lorsque la solidarité familiale fait défaut, le seul substitut reste « l’hospice pour vieillards » et son cortège d’images accablantes. Ces lieux qualifiés de « mouroirs » font peur mais demeurent un mal nécessaire faute de moyens. Le plus célèbre « l’hospice de la Salpêtrière » comprend 4097 lits et reçoit les « femmes indigentes âgées de soixante-dix ans au moins, les femmes incurables, épileptiques, cancéreuses ou infirmes, sans condition d’âge ». D’autre hospices privés reçoivent les indigents comme les Petites sœurs des pauvres à partir de 1849, l’Asile Sainte Anne pour les femmes à partir de soixante ans, sans infirmité. La pension est adaptée aux moyens, quelques places sont gratuites.

Quelques aides au logement pour les personnes âgées voient le jour ; certains corps de métiers offrent des participations aux loyers ou des maisons de retraite à leur membres ; les mairies des arrondissements parisiens et les paroisses proposent des secours. Certaines fondations privées, encore rares au début XXème siècle, attribuent des pensions viagères. L’Asile national de la Providence, dans le XVIIIème arrondissement, ouvert en 1804, reçoit les « vieillards des deux sexes, valides, âgés de soixante-dix ans, qui par la suite de revers de fortune, n’ont plus de ressources suffisantes leur permettant de vivre de façon indépendante ». Les places y sont payantes.

L’oeuvre créée par Félicie Dosne telle qu’elle l’envisage dans son testament en 1906 est donc particulièrement originale puisque aucun établissement à Paris, n’offre une prise en charge complète et gratuite des pensionnaires dans un cadre et une atmosphère aussi exceptionnels.

La Fondation créée porte le nom de Retraite Dosne. Ses premiers administrateurs sont des proches de Mlle Dosne. Le Marquis Calmon-Maison, exécuteur testamentaire de la défunte et administrateur de la Retraite Dosne, ouvre ainsi le premier conseil d’administration le 9 juillet 1909 « Mesdames, Dieu a permis que nous menions à bonne fin la création de la Retraite Dosne, où….(…) je vous souhaite la Bienvenue. Notre vénérée fondatrice tenait à cet endroit un peu comme on tient à une terre de famille. Elle l’avait connu en un temps ou c’était ici presque la campagne… ».

Le nombre maximum de résidentes accueillies est de 12. Elles disposent chacune d’une chambre avec lavabo et sont entièrement prises en charge (logement, repas, soins…) par la Fondation. Félicie Dosne souhaitait donner aux dames qui n’ont pas assez de ressources un foyer hospitalier et accueillant pour leur permettre de vivre paisiblement leur grand âge à l’abri des besoins. L’établissement répond à ses vœux.

La Retraite Dosne traverse le siècle, survit tant bien que mal aux deux guerres et se retrouve dans les années cinquante dans une situation financière critique. Les divers moyens envisagés jusqu’alors (certaines résidentes payent désormais des participations aux frais de la maison calculées en fonction de leurs ressources, des prêts ont été consentis par la Banque de France, …) s’avèrent insuffisants pour combler un déficit permanent.

La Fondation décide finalement de vendre des terrains et de construire l’immeuble de 32 logements (25m2) que nous connaissons actuellement. La Retraite Dosne connaît alors de profonds changements y compris dans ses statuts (approuvés en juin 1958). Le Président rappelle alors les conditions d’admission des dames à la Retraite (les candidates doivent être âgées mais ne doivent pas avoir atteint l’extrême vieillesse. Car la Retraite n’est pas organisée pour donner les soins que requiert presque forcément l’état de santé des personnes d’un âge très avancé. Dans ces conditions, il semble que les âges limites d’admission doivent être compris entre soixante cinq et quatre-vingt ans, sauf exception motivée.)

Organisée dès lors en foyer-logement amélioré, la Retraite Dosne ne cesse de s’adapter aux évolutions de la société. Elle propose de nombreux services pris en charge par la Fondation, se professionnalise, s’interroge et s’organise ces dernières années afin d’assurer une prise en charge individualisée des personnes accueillies.

 

 

 

 

 

 

 

 


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